Marcher dans les airs ou sauter dans le vide ? – 1

J’ai commencé à marcher ou plutôt grimper sur des parois trop tard mais à l’époque c’était le bon moment.

Vous me direz, ce n’est pas le sujet et pourtant c’est comme ça que commencera ce 1er épisode.

Équipé d’une corde, j’ai découvert des sensations uniques et pourtant connu par beaucoup.

La peur de la chute, terrifiante, brutale !

Tout d’abord l’aspect ridicule de la tâche, grimper en salle…et puis l’aspect du caillou, sa peau, ses formes, ses gratons, ses trous,…son crux?

La complexité de la lecture et des solutions à imaginer poussent à l’engagement et puis… la peur de la chute disparaît.

Elle devient douce, elle libère de l’effort, la sensation devient agréable en soi.

On ne ressent même plus le soulagement d’être sauvé d’une potentielle réincarnation en crêpe à la confiture de fraise.

Alors la prise de risque devient alors plus importante, sans qu’il y ait réellement de prise de conscience de celle-ci.

Lors d’une ascension en terrain d’aventure, un caillou cède sous mon pied droit après un mouvement un peu trop dynamique…ma première protection, un petit buis  s’arrache m’entraînant dans une chute composé de rebonds successifs.

Mon corps rebondit sur la paroi comme les doigts de Michel Petrucciani virevoltent sur son piano et…se brisent à force de jouer.

Ce jour là, j’ai trop joué…

Fort heureusement je n’avais pas son « ostéogenèse imparfaite », autrement appelée maladie des os de verres.

Mon casque est tout de même dans un sale état et j’ai mal aux pied droit.

Lorsque je reprends connaissance, je suis à terre.

Laura B. me raconte ce qu’il s’est passé brièvement, me questionne sur la date du jour et le lieu où nous nous trouvons.

Le reboot a été efficace, la machine fonctionne.

Coup de fil aux parents (qui habite à côté de l’hosto) rassurant.

L’hélico décolle et soulève la civière sans effort.

Je me souviens de cette sensation de flottement, j’analyse 4 mouvements avant de me retrouver à bord.

Deux translations, une verticale (le câble) l’autre horizontale en route vers la ville.

Deux rotations, là encore une verticale suivant l’axe du câble, l’autre au niveau du treuil.

Mon premier baptême des airs…enfin encore pendu au bout d’une corde…métallique, comme une annonce prémonitoire.

Après quelques heures d’examens, je suis prêt à sortir de l’hôpital indemne…d’après l’interne.

Dernière vérification.

Trois cervicales fracturées, stables, on opère demain. Trois plaques, six vis.

Vu l’état de ma lampe de chevet, euh je veux dire de mon casque et la hauteur de la dégringolade…ça aurait été trop beau d’en sortir entier.

Et puis, maintenant, je suis capable de faire match nul avec une guillotine.

A trop jouer avec les limites, on finit pas se brûler disait l’adage, la réponse appartient à l’avenir et à chacun d’entre nous.

Pour l’instant, c’est maintenant…et ça fil

Keep it slack

Théo SANSON.

Si vous ne connaissez pas le Maestro c’est ici

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